L'Artisanat du futur : Ne sculptez plus vos objets, faites-les pousser (Mycélium)
- Équipe Le socle

- il y a 3 jours
- 2 min de lecture
Imaginez un monde où, pour créer une chaise, une lampe ou un panneau acoustique, vous n'avez pas besoin de couper un arbre, d'extraire du métal ou de mouler du plastique.
Imaginez que vous n'avez qu'à planter une graine... et attendre.
Ce n'est pas de la science-fiction. C'est le Bio-Design, et plus précisément la technologie du Mycélium. C'est une révolution tranquille qui est en train de bouleverser le monde de l'artisanat et du design durable, et elle pourrait bien trouver sa terre promise ici même, à Saint-Jean-Port-Joli.
Le Champignon comme architecte
Le mycélium, c'est la partie souterraine des champignons. C'est un réseau complexe de racines blanches microscopiques qui agit comme une colle naturelle ultra-puissante.
Le principe est simple, mais génial :
On prend des déchets agricoles ou forestiers (paille, copeaux de bois, sciure).
On y inocule des spores de mycélium.
On place le mélange dans un moule.
En quelques jours, le mycélium "mange" la matière et remplit le moule, créant un objet solide, léger, ignifuge et 100% compostable.
Une fois la forme désirée atteinte, on chauffe l'objet pour arrêter la croissance. Le résultat ? Une matière qui a la solidité du bois aggloméré, mais la texture veloutée du daim, avec un impact carbone négatif.
Une opportunité en or pour Saint-Jean-Port-Joli
Pourquoi en parle-t-on sur le blogue du Socle ? Parce que notre région est assise sur une mine d'or pour le bio-design.
Saint-Jean-Port-Joli est la capitale de la sculpture et de l'ébénisterie. Nos ateliers produisent des tonnes de sciure et de copeaux de bois chaque année. Souvent, c'est un déchet.
Avec le bio-design, cette sciure devient une ressource précieuse. C'est le mariage parfait entre l'héritage de nos sculpteurs sur bois et l'innovation biotechnologique. L'artisan de demain pourrait récupérer les retailles de l'artisan d'hier pour faire pousser ses propres créations.
De l'art vivant
Pour l'artiste, c'est un changement de paradigme. On ne force plus la matière ; on collabore avec elle. On devient un peu jardinier, un peu alchimiste.
Des designers créent déjà des abat-jours aux formes organiques impossibles à réaliser autrement. D'autres font pousser des emballages de luxe qui se jettent dans le jardin au lieu de la poubelle.
C'est une esthétique nouvelle : brute, imparfaite, vivante. C'est exactement ce que recherchent les amateurs d'art et de design en 2026.
Rejoindre la révolution
Au Socle, nous croyons que l'artisanat doit évoluer. L'innovation, ce n'est pas seulement le numérique ou l'IA. C'est aussi la biologie.
Nous encourageons nos créateurs à explorer ces nouvelles avenues. À L'atelier A, nous rêvons du jour où une lampe aura été "cultivée" à partir des copeaux d'une sculpture des frères Bourgault. La boucle serait bouclée.
Le futur est organique. Êtes-vous prêts à le faire pousser ?







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