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Jeff Koons : Un artiste ou pas ?

  • Photo du rédacteur: Équipe Le socle
    Équipe Le socle
  • il y a 6 jours
  • 2 min de lecture

Il suffit de prononcer son nom pour diviser une pièce. Jeff Koons.


Jeff Koons, un artiste ou pas ? par Le socle

Pour les uns, c'est un génie du néo-pop qui tend un miroir brillant à notre société de consommation. Pour les autres, c'est l'incarnation ultime de la dérive du marché de l'art : le triomphe du marketing sur le sens, du "produit" sur l'émotion. Quand un chien ballon en acier inoxydable se vend 91 millions de dollars, la question devient inévitable : est-ce encore de l'art, ou est-ce de la haute finance ?


Au cœur de ce débat se cache une peur profonde qui hante beaucoup de créateurs, ici au Québec comme ailleurs :


"un artiste perd-il son âme s'il devient une entreprise ?"


Le mythe de la pureté


Il existe une croyance tenace, presque religieuse, selon laquelle l'art doit être déconnecté de l'argent pour être "vrai". L'artiste devrait souffrir, créer dans l'ombre, et laisser le commerce aux marchands. Selon cette logique, Jeff Koons, avec son usine d'assistants et ses stratégies de communication dignes de Wall Street, aurait vendu son âme au diable.


"Mais est-ce si simple ?"


Koons ne cache pas son jeu. Il a fait du "commerce" une partie intégrante de son œuvre, tout comme Andy Warhol avant lui. Sa démarche est d'une honnêteté brutale : il veut communiquer avec les masses, et il utilise les codes de la publicité pour le faire. Est-ce que cela rend sa démarche moins artistique ?


Deux visages, une même essence


Au Socle, nous côtoyons quotidiennement des artistes à Saint-Jean-Port-Joli et partout en province. D'un côté, il y a l'artiste solitaire, qui travaille le bois ou la toile dans le silence de son atelier, guidé par une quête intérieure, loin des records d'enchères. De l'autre, il y a l'artiste-entrepreneur, qui voit grand, qui veut inonder le marché, qui pense "branding" et "échelle".


La vérité, c'est que les deux ont raison.


Le statut d'artiste ne se définit pas par le solde de votre compte en banque, ni par la taille de votre équipe. Il ne se perd pas quand vous signez un gros contrat, et il ne se gagne pas en faisant vœu de pauvreté.


Un artiste est quelqu'un qui crée. Qu'il crée une émotion intime pour une seule personne ou un spectacle planétaire pour des millions, l'acte fondateur est le même : donner forme à une vision qui n'existait pas avant.


L'âme est dans l'acte, pas dans le prix


Jeff Koons n'a pas perdu son âme ; il a choisi de l'incarner dans un système industriel. L'artisan qui refuse de grossir pour garder le contrôle total sur sa pièce unique a aussi toute son âme.


Ce que nous défendons à L'atelier A, c'est la liberté de choisir. Si votre démarche exige le silence et la rareté, c'est magnifique. Si votre démarche exige l'expansion et le succès commercial, c'est magnifique aussi.


L'important est de rester fidèle à sa propre vision. Qu'elle soit "Koonsienne" ou minimaliste. Car au final, ce qui fait de vous un artiste, ce n'est pas le prix de vente de votre œuvre. C'est le fait que, ce matin encore, vous avez choisi de créer.

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